"L'accordeur de silences" (2011), "Poisons de Dieu, remèdes du diable" (2013), "La pluie ébahie" (2014), et aujourd'hui "La confession de la lionne", vous l'aurez compris, Mia Couto est un écrivain que j'apprécie tout particulièrement. Mozambicain d'origine portugaise, né en 1955, biologiste de formation, devenu journaliste et enseignant en écologie, il précise :
"En 2008, l'entreprise dans laquelle je travaillais dépêcha dans le nord du pays quinze jeunes hommes pour servir d'agents environnementaux. Les attaques de lions contre les personnes débutèrent à la même époque dans la même région.[...] Mes fréquentes visites sur le théâtre du drame m'ont suggéré l'histoire que je rapporte ici, inspirée de faits et de personnages réels." (1)
Kulumani, village pauvre du Mozambique où seules les femmes sont attaquées par les lions fait appel à Arcanjo Baleiro, dernier chasseur digne de ce nom, afin qu'il mette un terme à ces agressions. Son efficacité est appréciée des villageois il avait, lors de sa précédente venue, tué un dangereux crocodile. Des villageois apeurés, sous l'emprise d'idées les plus folles dictées par des croyances ancestrales qui leur font perdre le sens de la réalité. Des villageois confrontés à une nature et un monde animal énigmatiques où mythes et légendes prennent le pas sur la raison.
En alternance, deux voix rythment le roman, celle du chasseur terrifié par sa mission et celle de Mariamar, dont la soeur fût la dernière victime tuée par un lion. Racontant leur histoire ils nous content celle du village. Dans le coeur de la jeune femme grondent la rage et la révolte qui lui ouvrent les yeux sur l'origine des attaques des bêtes sauvages.
Deux voix pour mettre l'accent sur les contradictions de la vie mozambicaine où la tradition orale prend souvent le pas sur la vérité, où tout se mêle, Dieu, les hommes, la nature, où les frontières entre l'humain et l'animal, le réel et le surnaturel sont intangibles.
Totalement immergé dans un pays qu'il connait parfaitement, l'auteur porte, par la voix de Mariamar, un regard critique sur la place des femmes dans une société dont elles sont écartées, violées au sein même des familles incapables de les protéger :
"Dans un monde d'hommes et de chasseurs, les mots furent ma première arme."
L'écriture serait-elle la vraie raison d'être de ce conte ? Chez Mia Couto, je vous rassure, elle est imagée, inventive et parfois drôle.
(1) Cité par Fabien Mollon SR de Jeune Afrique
Titre original : A confissao da leoa (2012)
Traduit du portugais par Elisabeth Monteiro Rodrigues
Editions Métailié 2015 (234 pages- 18€)
mercredi 20 avril 2016
mercredi 13 avril 2016
La renverse d'Olivier Adam
La renverse, moment entre deux marées où pendant un instant le courant s'annule avant que la mer n'amorce sa descente ou sa remontée. Temps suspendu où tout peut arriver !La renverse, pour Antoine le pire moment de son existence ! Il y a une dizaine d'années, sa vie d'adolescent a basculé dans l'horreur et l'humiliation quand sa mère fût mêlée au scandale de la petite ville de banlieue où sa famille résidait. A l'époque, Jean-François Laborde qui en était le maire fût accusé par deux de ses anciennes subalternes "mal fagotées" de viol et d'agression sexuelle. Agression qui aurait eu lieu avec la complicité de la mère d'Antoine alors sa maîtresse et son adjointe. Un tsunami pour les enfants de cette bourgeoise soucieuse de maintenir son rang et sa réputation. L'affaire fût relayée par les médias nationaux, la lutte inégale pour des plaignantes totalement désarmées face à une partie adverse sans scrupule bien décidée à retournée la situation en sa faveur.
Dix années plus tard, nous retrouvons Antoine devenu libraire d'une petite bourgade des côtes bretonnes. Garçon taiseux et solitaire, jamais remis de la tornade familiale, il a caché son mal-être derrière un déni culpabilisant et une apparente passivité. Il n'a jamais revu sa mère, Camille son plus jeune frère, plus fragile parce que plus lucide s'est exilé au Canada et Laetitia la fille du maire, l'adversité les avait rapprochés, est sortie définitivement de sa vie. Désormais, Chloé compagne compréhensive lui apporte le réconfort et le calme d'une vie sans histoire quand soudain il est rattrapé par son passé.
"Je me suis garé près du bar. Trois types y sirotaient leurs cafés les yeux dans le vague. A la radio, un journaliste a annoncé la mort de Jean-François Laborde au moment précis où le moteur s'est éteint, emportant avec lui le bourdon de la soufflerie. Le nom a résonné dans le silence soudain. Etrangement, il ne m'a pas percuté immédiatement. [...] Avec le recul, je pense avoir dans un premier temps érigé un mur opaque entre ce que je venais d'entendre et ma conscience. Une barrière que je souhaitais étanche, qui me séparait d'un monde, de lieux, de gens et d'événements dont je ne voulais plus rien savoir, que j'avais fuis et enfouis au plus profond."
La "barrière" s'est rompue et les événements toujours aussi présents le poussent, de façon inattendue, à retourner sur le lieu du drame pour assister aux obsèques de l'homme responsable du scandale qu'il n'a jamais oublié. Peut-être, pour lui, l'occasion de tirer un trait définitif sur l'affaire et de commencer enfin à vivre réellement.
Librement inspiré de l'affaire Georges Tron (2011) maire de Draveil ville natale de l'auteur qui avait fini par démissionner, La renverse ne se contente pas d'évoquer un simple drame politico-social perdu d'avance. Il analyse avec sagacité les répercussions du drame sur la vie familiale, la réaction des enfants, leur stratégie pour affronter les autres et vivre l'humiliation.
Une écriture qui court, entraîne le lecteur, mettant nature et personnages en valeur et soutenant son intérêt jusqu'à la dernière ligne. Dommage que parfois elle se laisse aller à une certaine facilité !
Editions Flammarion 2016 (267 pages - 19€)
mardi 29 mars 2016
Ma d'Hubert Haddad
Au Japon, la marche solitaire du poète vagabond en quête du détachement et de la sérénité qui le mèneront au bout de son chemin."Depuis bien des années, je marche pour ne pas mourir, d'un bout à l'autre de Honshu et dans les autres îles, celles où on ne risque pas de rattraper la queue de son ombre après un jour ou deux. Ma mémoire est mon seul fardeau, le plus lourd en tout cas, pesant comme un cadavre de femme. Un jour à venir, dans la montagne aux cigales, l'oubli me gratifiera de ses doux bûchers de lucioles où tout ce que l'on croyait aimer s'efface en cendres bleues avec la nuit montante. On pourrait croire que je cours après mon passé mais c'est bien pire. Je me souviens du dernier soir comme si c'était demain."
Shoichi l'étudiant narrateur avait le regard étonné des myopes qui portent des verres "larges comme des soucoupes." Saori l'universitaire l'avait remarqué au Café Crépuscule où il servait le dimanche. Admirative du poète Santoka Shoichi Taneda dont elle venait de terminer la biographie, elle fût frappée par la similitude de leur allure et de leur prénom. Elle fit les premiers pas, leur aventure fût intense mais de courte durée, Saori s'était noyée peu de temps après leur rencontre. Inconsolable, Shoichi décide de quitter Tokyo et de partir sur les traces du poète Taneda, auteur de haïkus et buveur de saké : "Le saké pour le corps, le haïku pour le coeur." Dans ses bagages le manuscrit de la biographie du poète que Saori lui avait confié.
Deux destinés à un demi-siècle d'intervalle qui s'imbriquent et se confondent, Shoichi s'identifiant au poète disparu. Deux parcours dans le décor changeant d'un Japon aux multiples facettes. Et toujours cette prose poétique de l'auteur émaillée, ici, des haïkus des maîtres Basho et Santora. Une prose qui auréole les descriptions d'une délicate beauté qu'il nous parle de la nature, de la lumière ou du monde des vivants, de leurs souffrances et de leur naufrage. Un dépaysement total pour le lecteur !"Si les saisons et les jours sont les enfants du temps, chaque instant est un temple."
Editions Zulma 2015 (247 pages-18€)
lundi 7 mars 2016
L'arbre du pays Toraja de Philippe Claudel
" Près d'un village du pays Toraja situé dans une clairière, on m'a fait voir un arbre particulier. Remarquable et majestueux, il se dresse dans la forêt à quelques centaines de mètres en contrebas des maisons. C'est une sépulture réservée aux très jeunes enfants venant à mourir au cours des premiers mois. Une cavité est sculptée à même le tronc de l'arbre. On y dépose le petit mort emmailloté d'un linceul. On ferme la tombe ligneuse par un entrelacs de branchages et de tissus. Au fil des ans, lentement, la chair de l'arbre se referme, gardant le corps de l'enfant dans son grand corps à lui, sous son écorce ressoudée. Alors peu à peu commence le voyage qui le fait monter aux cieux, au rythme patient de la croissance de l'arbre."
C'est au retour de son voyage en Indonésie, sur l'île de Sulawesi où la mort rythme l'existence du peuple Toraja par des rites funéraires qui peuvent durer des semaines, des mois, et même des années que l'auteur entend sur le répondeur de son téléphone le message d'Eugène : "Tu vas rire, me disait-il, j'ai un vilain cancer." Non, il n'a pas ri, il s'est contenté de sourire de... douleur, de dépit ? De constater que depuis quelques années la mort l'encercle et lui rappelle sans cesse qu'il est au mitan de sa vie et que, maintenant, avec cette "vilaine" maladie plus rien ne sera comme avant, qu'elle hypothèque leur amitié : Eugène est son seul ami et le producteur de ses films. Les perspectives d'avenir changent, les événements les plus ordinaires prennent un autre sens, les sentiments exacerbés interrogent et perturbent.
Eugène tiendra un an et ce roman est l'histoire de cet accompagnement fait de doute, d'incertitude et de remise en question. Une confrontation avec la mort, comment vivre avec les disparus, de quoi sont faits les vivants ? Le rapport au corps, partenaire imposé que l'on doit maîtriser au développement qui fascine et effraie, le corps compagnon amical qui devient hostile avec l'âge et les dégradations que l'on ne peut inverser ?
Une longue méditation sur l'amitié, l'amour, le temps qui passe d'une écriture limpide aux nombreuses références littéraires et cinématographiques. Aucune morbidité dans ce livre lumineux où l'auteur célèbre la vie en célébrant l'amour, où les vivants deviennent les gardiens des morts comme l'arbre garde dans son corps vivant les petits corps morts du pays Toraja.
Difficile de ne pas voir dans ce roman l'hommage discret que Philippe Claudel rend à son ami et éditeur Jean-Marc Roberts disparu en 2013.
Editions Stock 2016 (209 pages- 18€)
C'est au retour de son voyage en Indonésie, sur l'île de Sulawesi où la mort rythme l'existence du peuple Toraja par des rites funéraires qui peuvent durer des semaines, des mois, et même des années que l'auteur entend sur le répondeur de son téléphone le message d'Eugène : "Tu vas rire, me disait-il, j'ai un vilain cancer." Non, il n'a pas ri, il s'est contenté de sourire de... douleur, de dépit ? De constater que depuis quelques années la mort l'encercle et lui rappelle sans cesse qu'il est au mitan de sa vie et que, maintenant, avec cette "vilaine" maladie plus rien ne sera comme avant, qu'elle hypothèque leur amitié : Eugène est son seul ami et le producteur de ses films. Les perspectives d'avenir changent, les événements les plus ordinaires prennent un autre sens, les sentiments exacerbés interrogent et perturbent.
Eugène tiendra un an et ce roman est l'histoire de cet accompagnement fait de doute, d'incertitude et de remise en question. Une confrontation avec la mort, comment vivre avec les disparus, de quoi sont faits les vivants ? Le rapport au corps, partenaire imposé que l'on doit maîtriser au développement qui fascine et effraie, le corps compagnon amical qui devient hostile avec l'âge et les dégradations que l'on ne peut inverser ?
Une longue méditation sur l'amitié, l'amour, le temps qui passe d'une écriture limpide aux nombreuses références littéraires et cinématographiques. Aucune morbidité dans ce livre lumineux où l'auteur célèbre la vie en célébrant l'amour, où les vivants deviennent les gardiens des morts comme l'arbre garde dans son corps vivant les petits corps morts du pays Toraja.
Difficile de ne pas voir dans ce roman l'hommage discret que Philippe Claudel rend à son ami et éditeur Jean-Marc Roberts disparu en 2013.
Editions Stock 2016 (209 pages- 18€)
samedi 20 février 2016
Un amour impossible de Christine Angot
Ils s'étaient rencontrés à la cantine, il l'avait invitée à prendre un café, ils étaient allés danser, se promener, les rencontres étaient devenues journalières. Il était beau parleur, elle l'écoutait; Il la trouvait belle et le lui disait, elle était sous le charme, follement amoureuse, prête à toutes les compromissions pour le garder.
Parisien, "fils de famille" ses études terminées, il avait obtenu son 1er poste de traducteur à la base américaine de Châteauroux où elle vivait et travaillait comme dactylo à la Sécurité sociale.
"Il lui expliquait qu'il avait fait le choix de la liberté, il ne critiquait pas la façon dont les autres vivaient mais il s'en écartait."
Enceinte, elle comprend que Pierre Angot n'épousera jamais Rachel Schwartz, une juive, et que leur enfant naîtra de père inconnu. Elle accouche seule, il est reparti à Paris, Christine aura 5 mois quand il fera sa connaissance. Ils correspondent, se voient de moins en moins, il privilégie les séjours à l'étranger. Christine a 6 ans quand il annonce à Rachel qu'il s'est marié :
"Elle est allemande. Très jeune. Elle est née à Hambourg. Son père est médecin. Elle est enceinte, il a fallu qu'on se marie très vite. Je vais avoir un enfant. Je ne pensais pas l'épouser, tu connais mon point de vue. Mais son père a été très convaincant, et au fond je suis très heureux."
Christine a grandi, elle apprécie les rares rencontres avec son père, les courts séjours dans son appartement, elle est conquise et tombe sous le charme de ce séducteur dangereux et ... pervers. Rachel apprend des années plus tard qu'il la viole. Elle est anéantie et culpabilise de n'avoir jamais rien soupçonné.
Sur les ruines de cet "amour impossible" se construit la relation mère-fille : osmose de deux êtres soudés par un amour filial qui les porte dans une attente continue des manifestations d'un père de plus en plus absent. Un homme qu'elles aiment et détestent parce qu'il les aimante mais leur rappelle constamment l'infériorité de leur condition sociale. Rachel en souffrira d'autant plus qu'à son adolescence Christine, après l'avoir adulée toute son enfance, reniera sa mère l'accusant d'être la cause de tous ses maux.
A la parution du roman la critique fût unanime et j'ai cherché en vain un commentaire un peu moins élogieux. Serais-je seule à émettre quelque réserve ? J'ai cherché à comprendre. La forme peut-être, les dialogues que je n'apprécie guère ? Pas suffisant. Un sentiment de mal-être ? Sûrement.
J'ai lu ce roman prise en otage par Pierre Angot, le père de "Une semaine de vacances", le livre le plus dérangeant et terrible qu'il m'ait été donné à lire. Resté en filigrane tout au long des pages il a littéralement pollué ma lecture. Comment adhérer à cette idylle charmante au début, qui laisse très vite entendre qu'elle va prendre une tournure inhabituelle surtout quand on sait de quoi l'homme est capable. Le lecteur de "Une semaine de vacances" connait bien ce père séducteur, incestueux et pervers. Comment admettre la soumission de Rachel qui accepte beaucoup et se rebelle si peu, son aveuglement face à l'inceste. L'amour peut-il tout excuser ?
Pardon et réconciliation ressoudent le couple mère-fille apportant aux dernières pages du récit une note d'espoir teinté d'apaisement et de sérénité retrouvés.
La femme et la mère que je suis ne peuvent que se rebeller face à tant d'excès ! Aveuglée par la colère, j'ai probablement gommé les qualités littéraires de ce roman, preuves évidentes de sa réussite et de mon incapacité à maîtriser et dépasser mes sentiments.
Flammarion 2015 (217 pages-18€)
Parisien, "fils de famille" ses études terminées, il avait obtenu son 1er poste de traducteur à la base américaine de Châteauroux où elle vivait et travaillait comme dactylo à la Sécurité sociale.
"Il lui expliquait qu'il avait fait le choix de la liberté, il ne critiquait pas la façon dont les autres vivaient mais il s'en écartait."
Enceinte, elle comprend que Pierre Angot n'épousera jamais Rachel Schwartz, une juive, et que leur enfant naîtra de père inconnu. Elle accouche seule, il est reparti à Paris, Christine aura 5 mois quand il fera sa connaissance. Ils correspondent, se voient de moins en moins, il privilégie les séjours à l'étranger. Christine a 6 ans quand il annonce à Rachel qu'il s'est marié :
"Elle est allemande. Très jeune. Elle est née à Hambourg. Son père est médecin. Elle est enceinte, il a fallu qu'on se marie très vite. Je vais avoir un enfant. Je ne pensais pas l'épouser, tu connais mon point de vue. Mais son père a été très convaincant, et au fond je suis très heureux."
Christine a grandi, elle apprécie les rares rencontres avec son père, les courts séjours dans son appartement, elle est conquise et tombe sous le charme de ce séducteur dangereux et ... pervers. Rachel apprend des années plus tard qu'il la viole. Elle est anéantie et culpabilise de n'avoir jamais rien soupçonné.
Sur les ruines de cet "amour impossible" se construit la relation mère-fille : osmose de deux êtres soudés par un amour filial qui les porte dans une attente continue des manifestations d'un père de plus en plus absent. Un homme qu'elles aiment et détestent parce qu'il les aimante mais leur rappelle constamment l'infériorité de leur condition sociale. Rachel en souffrira d'autant plus qu'à son adolescence Christine, après l'avoir adulée toute son enfance, reniera sa mère l'accusant d'être la cause de tous ses maux.
A la parution du roman la critique fût unanime et j'ai cherché en vain un commentaire un peu moins élogieux. Serais-je seule à émettre quelque réserve ? J'ai cherché à comprendre. La forme peut-être, les dialogues que je n'apprécie guère ? Pas suffisant. Un sentiment de mal-être ? Sûrement.
J'ai lu ce roman prise en otage par Pierre Angot, le père de "Une semaine de vacances", le livre le plus dérangeant et terrible qu'il m'ait été donné à lire. Resté en filigrane tout au long des pages il a littéralement pollué ma lecture. Comment adhérer à cette idylle charmante au début, qui laisse très vite entendre qu'elle va prendre une tournure inhabituelle surtout quand on sait de quoi l'homme est capable. Le lecteur de "Une semaine de vacances" connait bien ce père séducteur, incestueux et pervers. Comment admettre la soumission de Rachel qui accepte beaucoup et se rebelle si peu, son aveuglement face à l'inceste. L'amour peut-il tout excuser ?
Pardon et réconciliation ressoudent le couple mère-fille apportant aux dernières pages du récit une note d'espoir teinté d'apaisement et de sérénité retrouvés.
La femme et la mère que je suis ne peuvent que se rebeller face à tant d'excès ! Aveuglée par la colère, j'ai probablement gommé les qualités littéraires de ce roman, preuves évidentes de sa réussite et de mon incapacité à maîtriser et dépasser mes sentiments.
Flammarion 2015 (217 pages-18€)
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