Ecrire pour démêler l'écheveau embrouillé de la vie et atteindre sa vérité.
"Tout est certain dans la vie, le bien, le mal, Dieu, la mort, le temps, et tout le reste, sauf la Vérité. Mais qu'est-ce que la Vérité ?... Mais devenant certitude, est-elle toujours la Vérité ?...
C'est de cela que nous allons parler, c'est notre histoire, nous le savons sans le savoir." (p.15)
Ils sont tous là, à l'hôpital de la Pitie-Salpêtrière, les frères , les soeurs au chevet de leur vieille mère dont la fin est proche. Ils sont là, devenus étrangers parce que séparés depuis longtemps par des routes divergentes qui les ont éparpillés aux quatre coins du monde. Seul Hédi, le dernier de la fratrie, est injoignable depuis qu'il a "voué sa vie au djihad et à ses folies". Yazid, le narrateur, est toujours resté à Alger et s'est occupé de sa mère. C'est elle, avant de mourir, qui lui demande de retourner rue Darwin et d'aller voir Farroudja.
"Quelque chose cognait au fond de moi, très loin au fond de moi. un vieux souvenir d'une époque lointaine, d'un autre monde. L'heure du rendez-vous était arrivée." (p.19)
Pour lui, le temps est venu de démêler les fils d'un passé qu'il a toujours souhaité oublier parce que trop incertain, trop compliqué pour l'enfant qu'il était.
Il sait qu'il est né dans le bled, à trois cents kilomètres d'Alger, il se souvient qu'il vivait, sous étroite surveillance, dans le "phalanstère" fief de la richissime Djéda sa grand-mère devenue, à la mort de son père, chef du clan des Kadri. Crainte et vénérée Djéda exerce une autorité sans partage et son influence est indiscutable et sans limites. Il est important de préciser que Djéda a fait son immense fortune en gérant des bordels.
A huit ans, Yazid est enlevé par Farroudja, l'amie de sa mère, et ramené à Alger. Il vit désormais rue Darwin dans le quartier Belcourt véritable ghetto de la pauvreté. Il y vit une adolescence heureuse dans "le quartier qui fonctionne comme un sanctuaire, une matrice douillette qui isole, protège, unit dans une même identité."
Malgré les événements qui secouent son pays, malgré des conditions de vie qui se dégradent et contrairement à ses quatre frères et soeurs, Yazid n'envisagera jamais de quitter l'Algérie.
L'écriture, c'est l'arme de l'auteur. L'arme de celui, qui après toutes ces années, refuse soumission et résignation. L'écriture, c'est aussi le moyen de porter l'Histoire d'un peuple à la recherche de l'identité perdue de son pays. Pays qui ne "laisse de répit ni à la vie ni à la mort" et sombre dans un islamisme véritable "pieuvre qui s'insinue partout."
Je retrouve ici l'écriture dense, convaincante et particulière d'un écrivain qui veut parler vrai, essayer de comprendre pourquoi son peuple, comme le monde, semble courir à sa perte. Des expressions percutantes, parfois gouailleuses et humoristiques allègent le propos et le dédramatisent.
Si le livre est sous-titré roman, je peux vous assurer, après recherches, qu'il est éminemment autobiographique, ce qui donne encore plus d'impact et de portée à son contenu.
Editions Gallimard 2011 Prix de la paix des libraires allemands 2011
Boualem Sansal est né en 1949. Il vit à Boumerdès dans les environs d'Alger. Il fait des études d'ingénieur et un doctorat d'économie. Il est tour à tour enseignant à l'université, consultant en affaires et chef d'entreprise. Il devient directeur général au ministère de l'industrie algérien mais est limogé de son poste en 2003 en raison de ses prises de positions critiques et de ses livres;
-Le serment des barbares 1999 Prix du premier roman
-L'enfant fou de l'arbre creux 200 Prix Michel Dard 2001
-Dis-moi le paradis 2003
-Harraga 2005
-Poste restante : Alger, lettres de colère et d'espoir 2007
-Petite éloge de la mémoire Quatre mille et une année de nostalgie 2007
-Le village de L'allemand 2008 Grand prix RTL/Lire 2008
rfi.fr/.../20110922-rue-darwin-vie -presque-tronquée-boualem-sansal
www.dailymotion.com/.../xr80q5boualem-sansal-pou
lundi 30 juillet 2012
mardi 10 juillet 2012
Des cailloux dans le ventre de Jon Bauer
L'histoire violente et tendre d'un garçon jaloux et de l'homme déglingué qu'il est devenu !
Il n'a que huit ans mais il sait qu'il n'est pas facile d'être l'enfant d'une famille d'accueil. Quand Robert arrive, très vite, il a su que les choses allaient devenir compliquées pour lui. Cet enfant battu, malheureux, placé chez eux par le service social, monopolise immédiatement toute l'attention et l'entière sollicitude de ses parents. Entre une mère obnubilée par l'efficacité de son rôle et un père un peu moins complice parce que moins disponible, il se sent délaissé et vit cet abandon comme une profonde injustice. Dépossédé, il ne lui reste plus que la révolte et la violence pour crier sa colère.
"Je disais que j'avais été adopté, moi, le seul enfant chez nous à ne pas avoir été placé dans une famille d'accueil. Et maintenant que je suis censé être un homme, tout en moi est adopté : mon pays, le récit que je fais de mon passé.
Même dans mon enfance, je n'étais pas chez moi." (p.7)
Vingt ans plus tard, l'homme broyé qu'il est devenu revient pour soigner sa mère qui se meurt d'une tumeur au cerveau. Ils se sont perdus depuis si longtemps que les retrouvailles sont difficiles. Les souvenirs qui rouvrent les cicatrices d'un passé douloureux, la maladie qui embrume le cerveau de sa mère rendent leur rapprochement très improbable. Perturbé par une situation qui le dépasse et qui achève de le déstabiliser il oscille, en permanence, entre pardon et ressentiment.
"Pendant que je la serre contre moi, je contemple ce jardin si familier. Cette pesanteur familière. Familiale. Tout m'y rappelle cette partie de moi que j'ai essayé si longtemps d'effacer.
C'est effrayant : si cette part d'ombre a poussé un enfant de huit ans à aller si loin, de quoi suis-je capable à vingt-huit ans ?" (p.51)
C'est le récit de la souffrance d'un enfant qui voulait grandir trop vite et le récit du désespoir d'un adulte qui n'a pas réussi à y parvenir.
L'écriture se fait tendre, candide, laisse poindre la clairvoyance et la logique imparables de ce garçon, sans nous faire oublier pour autant, que la révolte couve en permanence et peut exploser quand il a "le ventre écorché en dedans".
L'écriture devient inquiétude et chagrin pour ce fils qui ne retrouve plus la mère qu'il avait laissée. La culpabilité le ronge, comme la tumeur ronge le cerveau de sa mère : "la noix sur le scanner", c'est lui ! Partagé entre l'amour et la haine, la peine et la rancoeur, il sombre dans un délire macabre, cri de souffrance d'un homme qui ne peut pas guérir de son enfance.
"Mon enfance me hante comme mes poings hantent mes mains"
Un livre brutal où sourd tant de désespoir qu'il bouscule le lecteur, le submerge sans jamais le laisser indifférent. En un mot, une lecture dont il ne sort pas indemne et qu'il n'est pas prêt d'oublier.
Rocks in the Belly 2010
Editions Stock 2012 traduit de l'anglais (Australie) par Virginie Buhl (355 pages)
Jon Bauer est né en 1974 en Angleterre. Installé depuis dix ans en Australie.
Des cailloux dans le ventre est son 1er roman (Prix du 1er roman décerné par les libraires indépendants australiens)
www.editions-stock.fr/.../stock-auteur-000000090666-Jon-Bauer-bio
www.telerama.fr>le fil de livres>
Il n'a que huit ans mais il sait qu'il n'est pas facile d'être l'enfant d'une famille d'accueil. Quand Robert arrive, très vite, il a su que les choses allaient devenir compliquées pour lui. Cet enfant battu, malheureux, placé chez eux par le service social, monopolise immédiatement toute l'attention et l'entière sollicitude de ses parents. Entre une mère obnubilée par l'efficacité de son rôle et un père un peu moins complice parce que moins disponible, il se sent délaissé et vit cet abandon comme une profonde injustice. Dépossédé, il ne lui reste plus que la révolte et la violence pour crier sa colère.
"Je disais que j'avais été adopté, moi, le seul enfant chez nous à ne pas avoir été placé dans une famille d'accueil. Et maintenant que je suis censé être un homme, tout en moi est adopté : mon pays, le récit que je fais de mon passé.
Même dans mon enfance, je n'étais pas chez moi." (p.7)
Vingt ans plus tard, l'homme broyé qu'il est devenu revient pour soigner sa mère qui se meurt d'une tumeur au cerveau. Ils se sont perdus depuis si longtemps que les retrouvailles sont difficiles. Les souvenirs qui rouvrent les cicatrices d'un passé douloureux, la maladie qui embrume le cerveau de sa mère rendent leur rapprochement très improbable. Perturbé par une situation qui le dépasse et qui achève de le déstabiliser il oscille, en permanence, entre pardon et ressentiment.
"Pendant que je la serre contre moi, je contemple ce jardin si familier. Cette pesanteur familière. Familiale. Tout m'y rappelle cette partie de moi que j'ai essayé si longtemps d'effacer.
C'est effrayant : si cette part d'ombre a poussé un enfant de huit ans à aller si loin, de quoi suis-je capable à vingt-huit ans ?" (p.51)
C'est le récit de la souffrance d'un enfant qui voulait grandir trop vite et le récit du désespoir d'un adulte qui n'a pas réussi à y parvenir.
L'écriture se fait tendre, candide, laisse poindre la clairvoyance et la logique imparables de ce garçon, sans nous faire oublier pour autant, que la révolte couve en permanence et peut exploser quand il a "le ventre écorché en dedans".
L'écriture devient inquiétude et chagrin pour ce fils qui ne retrouve plus la mère qu'il avait laissée. La culpabilité le ronge, comme la tumeur ronge le cerveau de sa mère : "la noix sur le scanner", c'est lui ! Partagé entre l'amour et la haine, la peine et la rancoeur, il sombre dans un délire macabre, cri de souffrance d'un homme qui ne peut pas guérir de son enfance.
"Mon enfance me hante comme mes poings hantent mes mains"
Un livre brutal où sourd tant de désespoir qu'il bouscule le lecteur, le submerge sans jamais le laisser indifférent. En un mot, une lecture dont il ne sort pas indemne et qu'il n'est pas prêt d'oublier.
Rocks in the Belly 2010
Editions Stock 2012 traduit de l'anglais (Australie) par Virginie Buhl (355 pages)
Jon Bauer est né en 1974 en Angleterre. Installé depuis dix ans en Australie.
Des cailloux dans le ventre est son 1er roman (Prix du 1er roman décerné par les libraires indépendants australiens)
www.editions-stock.fr/.../stock-auteur-000000090666-Jon-Bauer-bio
www.telerama.fr>le fil de livres>
dimanche 24 juin 2012
Une bonne raison de se tuer de Philippe Besson
Chronique des bonheurs perdus.
Le bonheur perdu de Laura :A Los Angelès, ce 4 novembre 2008, les Américains s'apprêtent à élire leur premier président noir. Laura ne se sent pas concernée par toute cette agitation : son mariage rompu, ses deux fils qui se sont éloignés d'elle, son petit boulot de serveuse lui semblent être de bien piètres perspectives d'avenir. Restent les souvenirs d'un bonheur perdu insuffisants pour habiter une vie dont elle n'attend plus rien. Alors, "elle a décidé qu'elle serait morte ce soir." (p.17)
Le bonheur perdu de Samuel :
Que lui importe l'actualité, "Paul est son fils. Cet après-midi, à quatorze heures, il doit l'enterrer." (p.28) Comment surmonter cette immense douleur, combler l'absence ? A dix-sept ans, pourquoi ce suicide qu'il n'a pas vu venir ? Divorcé n'a-t-il pas su rester le père dont son fils avait besoin ? Tant de questions sans réponses !
Pour Laura et Samuel, la journée s'étire ponctuée par les petits gestes d'un quotidien ordinaire qui les maintient éloignés du monde qui ne leur parle plus. Au soir de ce jour inhabituel leur rencontre fortuite, brève saura-t-elle leur apporter apaisement et force pour continuer ?
Le bonheur perdu d'une lectrice :
J'attendais intensité, émotion, elles sont totalement absentes. Pourquoi cette écriture qui s'apparente plus à une description clinique qu'à une anlyse introspective de personnages qui vivent une situation ô combien particulière ?
J'ai eu plusieurs fois la tentation de lire séparément ces deux histoires menées en parallèle avec l'intention évidente de l'auteur d'attendre les toutes dernières pages pour les croiser. J'ai songé aussi à "sauter" les chapitres Laura, ils n'ont pas su m'intéresser. Dans les chapitres Samuel, l'auteur semble être plus à l'aise donc un peu plus convaincant.
C'est la curiosité qui m'a poussée à terminer ma lecture pour connaître l'issue de cette histoire !
J'avais aimé les premiers romans de Philippe Besson. Mais en 2006, à la parution de L'enfant d'octobre, décontenancée, je n'ai pas compris : pourquoi ce retour sur l'affaire Villemin ? Ses publications suivantes n'ont pas toujours comblé mon attente. Alors, j'ai pensé que peut-être ses séjours en Amérique finissaient par l'éloigner de nous. Ou bien tout simplement il évolue, je change et la connivence n'est plus au rendez-vous ?
Editions Julliard 2012 (321 pages)
Les autres ouvrages de l'auteur :
En l'absence des hommes 2001
Son frère 2001 film de Chéreau 2003
L'arrière-saison 2002
Un garçon d'Italie 2003
Les jours fragiles 2004
Un instant d'abandon 2005
L'enfant d'octobre 2006
Se résoudre aux adieux 2007
Un homme accidentel 2008
La trahison de Thomas Spencer 2009
retour parmi les hommes 2011
fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Besson
www.magazinz-litteraire.com/content/critique-fiction/article?id...
www.lefigaro.fr/.../01006-20110115ARTFIG0065-philippe-besson-...
mardi 5 juin 2012
1Q84 Livre 3 (octobre-décembre) de Haruki Murakami
"La ligne de partage entre le monde réel et l'imaginaire est devenue floue." (p.209)
C'est avec impatience et curiosité que j'ai abordé la lecture du Livre 3. Mon attente ne fut en rien déçue. J'ai retrouvé avec plaisir les personnages des Livres 1et2, en particulier Aomamé qui au dernier moment a renoncé à son geste suicidaire et, ainsi réintégré sa place dans l'intrigue. Comment Murakami aurait-il pu l'abandonner sur le bord du périphérique ?
De plus, il nous gratifie d'un nouveau protagoniste : Ushikawa, le détective commandité par Les Précurseurs pour retrouvé l'assassin du Leader. Affreux petit bonhomme "tordu" éminemment antipathique, c'est un redoutable limier. S'il travaille en solitaire, il sait se faire invisible, choisir ses planques, attendre pendant des heures. Fin psychologue, il tire profit de la plus petite observation et échafaude ainsi des déductions imparables sans jamais se tromper.
Murakami continue de nous promener d'un monde à l'autre, du réel à l'imaginaire, s'attarde, peaufine l'étude minutieuse du comportement et des motivations de ses personnages. Il sème tout au long de ses pages de petits cailloux, indices discrets pour suggérer au lecteur attentif les réponses aux questions qu'il ne cesse de se poser. Alors, entré dans ce monde parallèle, le lecteur devient complice de l'auteur et admet, sans broncher, qu'il puisse se passer de "drôles de choses" pendant une certaine nuit d'orage !
" ...Aomamé guida la main de Tengo et la fit se poser sur le bas de son ventre, par-dessus son manteau.
Tengo retint son souffle, en quête d'un signe de la vie qui était tapie là. Ce n'était encore qu'un être minuscule. Mais sa paume put en percevoir la chaleur
"Où allons-nous ensuite ? Toi et moi et la petite chose.
-Quelque part qui n'est pas ici, dit Aomamé. Dans un monde où il n'y a qu'une lune. Notre lieu d'origine. Là où les Little People n'ont pas de puissance." (p. 509)
Editions Belfond 2010 traduit du japonais par Hélène Morita 2012
vendredi 11 mai 2012
La tristesse des anges de Jon Kalman Stefansson
"...ils progressent grâce à cet entêtement aussi admirable que vain, caractéristique de ceux qui vivent à la limite du monde habitable." (p17)
Souvenez-vous, en juillet 2011, j'étais venue vous parler d'un premier roman traduit en français :"Entre ciel et terre" de Jon Kalman Stefansson. L'occasion, en abordant la littérature islandaise, de découvrir une île au relief tourmenté et aux conditions climatiques extrêmes. L'auteur, d'un bond d'une centaine d'années en arrière, nous immergeait dans un monde où la longueur et la rudesse des hivers remettent perpétuellement en question la survie de ses habitants.
Dans "La tristesse des anges" nous retrouvons le gamin à l'auberge du village où il a trouvé refuge et protection. Chaque jour, il fait la lecture au capitaine aveugle et ronchon, continuant ainsi d'explorer le monde des livres, d'apprivoiser la magie des mots quand ils disent, quand ils consolent.
"...Il plonge son regard à travers les mots et chaque chose devient neuve, sans doute sont-ce eux qui, plus que tout, transforment le monde." (p61)
Nous sommes en avril dans un printemps qui se refuse à venir et maintient l'Islande dans un hiver qui ne veut pas mourir et lance ses derniers assauts de blizzard et de neige.
C'est donc tout naturellement à la buvette que Jens le postier vient demander de l'aide. Ouvrant la porte, le gamin découvre un homme sur son cheval transformés en une monstrueuse statue de glace. La "séparation" ne sera pas aisée, mais le postier sait, que cette fois encore il a échappé au pire.
Jens repart le lendemain accompagné du gamin. Bizarre association que ces deux êtres qui n'ont pas grand-chose en commun. L'un, grand et solide gaillard taiseux par peur des mots, l'autre, à peine un homme, amateur de poésie se murmure des vers de Shakespeare quand le courage vient à lui manquer.
Au cours de leur périple, les rencontres sont rares : un fermier qui cherche son troupeau, un autre qui erre sur la lande puis disparaît. Quelques haltes dans des fermes où ils partagent la misère de leurs occupants et d'où ils repartent à peine réchauffés.
Puis vient le temps de l'extrême lassitude, du désir d'abandon, là, dans cette neige qui ne demande qu'à les accueillir pour un sommeil trompeur, le temps de l'ultime sursaut qui les remet debout et en marche pour la dernière étape.
"Ils sont maintenant si loin sur la lande qu'ils n'appartiennent plus au monde des hommes, ils sont un morceau de désert et de ciel en été, la dureté et la mort en hiver. Ils avancent à grand-peine, ils s'épuisent, mais ne peuvent s'arrêter, il n'y a aucun endroit où s'abriter..." (p329)
L'écriture dense du romancier laisse poindre la sensibilité du poète. Eblouissante narration qui jamais ne se répète, se tient à hauteur des hommes que la nature renie et grandit à la fois. Dans ce monde glacial, l'auteur laisse affleurer une sensualité bien présente même si elle semble, le plus souvent, sommeiller sous la neige.
Paru en Islande en 2009
Editions Gallimard 2011 traduit de l'islandais par Eric Boury (378 pages)
Jon Kalman Stefansson est né le 17/12/1963 à Reykjavik en Islande
La tristesse des anges est son 2ème roman traduit en français après Entre ciel et terre.
Nous attendons le T3 de cette trilogie.
www.lexpress.fr/.../jon-kalman-stefansson
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