"Être un poète célèbre n'est pas la même chose qu'être célèbre" John Ashbery
Libre à vous de ne pas partager mon avis, mais cette fois c'est d'une de mes déceptions que j'aimerais vous entretenir.
Combien aura-t-il fallu que je lise de ses livres pour réaliser que Siri Hustvedt m'ennuie ? C'est valable, en particulier, pour ses dernières parutions qui me semblent ne pas présenter grand intérêt. J'avoue ne pas en avoir terminé la lecture. Ce n'est pas le cas de "Un été sans les hommes", je l'ai lu jusqu'à la dernière page (sans cela je n'aurais pas l'outrecuidance de venir vous en parler), mais je dois le dire, il m'a prodigieusement agacée.
Ce que je lui reproche ? D'enfoncer des portes ouvertes, d'énoncer des vérités évidentes pour chacun, de "balayer" large, de vouloir nous convaincre de l'immensité de sa culture, ce dont on n'a jamais douté.
Pour dépeindre l'histoire de son couple à la dérive, (quoi de plus banal qu'une femme dans la cinquantaine quittée par un mari désireux de faire une pause avec une jeunette ?) est-il besoin de convoquer la cohorte de ses auteurs de chevet, d'évoquer tous les âges de la vie, de nous en détailler tous les problèmes : les bagarres d'un jeune ménage avec enfants, les états d'âme d'adolescentes en mal de poésie, les préoccupations de vieilles dames et de leur club de lecture ?
Tout ceci me semble prétexte à philosopher, à discourir à l'ombre de Shakespeare et de Freud, à décortiquer un roman de Jane Austen et à développer des théories littéraires et neuroscientifiques qui n'ont pas nécessairement leur place ici.
Je ne résiste pas à l'envie de vous citer ce que j'intitulerais le lamento de Mia (Mia, poétesse de son état, est, vous l'aurez deviné, la femme délaissée) :
"Bonne vieille mama Mia, couchée dans ce grand lit de roi aux vastes espaces vierges, une étendue de draps blancs qu'elle emplit de discours intérieurs et de souvenirs, un tourbillon de mots, de pensées, de douleurs et de chagrins. Mia, mère de Daisy. Mia, mère d'abandon. Ci-devant épouse de Boris. Mais quel dur changement maintenant, toi parti. O Milton dans la tête. O Muse. O Mia, nigaude rhapsodique, bimbo chialeuse, ne languis plus ! Enroule tes ennuis, essuie tes meurtrissures, envoie balader tes chaussures et chante pour toi-même quelque chanson sotte, toi qui navigues sans roi sur cette goélette de lit, pas de reine de pacotille pour toi, Barde à la Face Rieuse, mais un roi." (page 167)
Est-ce de la poésie ? Ma foi, je suis totalement hermétique à cette poésie-là. Si vous ne partagez pas mon avis, c'est votre droit le plus strict et je le respecte, vous devez me juger bien sévère. Sachez, tout simplement, que ma sévérité est à la hauteur de ma déception.
Roman traduit de l'américain par Christine Le Boeuf
Editions Actes Sud 2011 (216 pages)
Siri Hustvedt est née dans le Minnesota le 19 février 1955 d'un père américain d'origine norvégienne et d'une mère norvégienne. Poétesse, essayiste et romancière elle est diplômée de littérature anglaise de l'iniversité de Columbia.
1992 Les yeux bandés
1996 L'envoûtement de Lily Dahl
2003 Tout ce que j'aimais
2006 Plaidoyer pour Eros
2007 Elégie pour un américain
2010 La femme qui tremble. Une histoire de mes nerfs.
http://fr.wikipedia.org/Siri_Hustvedt
lundi 25 juillet 2011
dimanche 3 juillet 2011
Entre ciel et terre de Jon Kalman Stefansson
Un pêcheur islandais meurt d'avoir trop aimé la poésie.
"Nous allons te parler de gens qui vivaient en notre temps, soit il y a plus de cent ans..." (page 11)
Sur la côte ouest de l'Islande, entre mer et montagne, Barour et le gamin quittent le village par un chemin escarpé et dangereux pour rejoindre le campement des pêcheurs et attendre un éventuel départ pour une campagne de pêche à la morue.
Seul maître à bord, le capitaine après avoir scruté la nuit, consulté les étoiles, humé le vent, écouté les vagues décide : "on sort, il ne le dit pas bien fort, mais cela suffit, sa voix s'infiltre dans les plus profonds des rêves, déchire le sommeil et tout le monde se réveille." (page 35)
Et les six hommes commencent leurs préparatifs pour embarquer et partir pour une pêche hautement dangereuse et souvent meurtrière : six rameurs à bord d'une barque de huit mètres confrontés à une mer parfois déchaînée, aux vents si froids qu'ils paralysent les bras, les esprits, et livrent les hommes à leur seul instinct de survie.
C'est l'équipée de tous les dangers qui imposent aux marins vigilance et rigueur, et ne pardonnent aucune erreur, aucun oubli.
Barour, fou de poésie, avant d'embarquer, ira vite relire quelques vers du Paradis perdu de Milton et dans sa précipitation pour regagner la barque laissera sa vareuse au campement. Quand le vent fraîchit, que le gros temps se lève, Barour réalise alors l'étendue de son oubli fatal. Malgré l'aide du gamin et des autres marins il ne pourra pas lutter contre les éléments et ne survivra pas à son erreur.
De retour à terre, le gamin décide d'aller rendre au Capitaine aveugle le livre que celui-ci avait prêté à son ami. Il entreprend seul le retour au village, parcours initiatique et périlleux dans une région hostile et dangereuse. Moments de réflexion, de doute où il remet en question son désir d'en finir et la nécessité de continuer à vivre. Mais au bout de cet épuisant chemin, peut-être finita-t-il par trouver la réponse ?
L'écriture est tantôt âpre et dure à l'image de la nature, tantôt tendre et poétique quand elle parle de l'amitié, de l'amour, de la peine des hommes. L'auteur adopte un ton familier, prend le lecteur à témoin, affiche un certain sens de la formule et la poésie, par sa tournure naïve, donne à l'ensemble une impression de fausse simplicité.
Titre original : Himnariki Og Helviti 2007
Traduit de l'islandais par Eric Boury
Editions Gallimard 2010
Jon Kalman Stefansson est né le 17/12/1963 à Reykjavik où il grandit ainsi qu'à Kalfavik
1982 : arrête le collège, fait des petits boulots tout en poursuivant ses études.
1986 : commence des études de lettres qu'il arrête en 1991 pour faire du journalisme.
1992-1995 : vit à Copenhague où il s'adonne à une lecture compulsive, retourne en Islande, s'occupe de la bibliothèque de Mosfellbaer.
Depuis 2000, il publie des contes et des romans (4). Entre ciel et terre, sera le 1er à être traduit en français en 2010.
fr.wikipedia./org/.../Jon_Kalman_Stefansson
"Nous allons te parler de gens qui vivaient en notre temps, soit il y a plus de cent ans..." (page 11)
Sur la côte ouest de l'Islande, entre mer et montagne, Barour et le gamin quittent le village par un chemin escarpé et dangereux pour rejoindre le campement des pêcheurs et attendre un éventuel départ pour une campagne de pêche à la morue.
Seul maître à bord, le capitaine après avoir scruté la nuit, consulté les étoiles, humé le vent, écouté les vagues décide : "on sort, il ne le dit pas bien fort, mais cela suffit, sa voix s'infiltre dans les plus profonds des rêves, déchire le sommeil et tout le monde se réveille." (page 35)
Et les six hommes commencent leurs préparatifs pour embarquer et partir pour une pêche hautement dangereuse et souvent meurtrière : six rameurs à bord d'une barque de huit mètres confrontés à une mer parfois déchaînée, aux vents si froids qu'ils paralysent les bras, les esprits, et livrent les hommes à leur seul instinct de survie.
C'est l'équipée de tous les dangers qui imposent aux marins vigilance et rigueur, et ne pardonnent aucune erreur, aucun oubli.
Barour, fou de poésie, avant d'embarquer, ira vite relire quelques vers du Paradis perdu de Milton et dans sa précipitation pour regagner la barque laissera sa vareuse au campement. Quand le vent fraîchit, que le gros temps se lève, Barour réalise alors l'étendue de son oubli fatal. Malgré l'aide du gamin et des autres marins il ne pourra pas lutter contre les éléments et ne survivra pas à son erreur.
De retour à terre, le gamin décide d'aller rendre au Capitaine aveugle le livre que celui-ci avait prêté à son ami. Il entreprend seul le retour au village, parcours initiatique et périlleux dans une région hostile et dangereuse. Moments de réflexion, de doute où il remet en question son désir d'en finir et la nécessité de continuer à vivre. Mais au bout de cet épuisant chemin, peut-être finita-t-il par trouver la réponse ?
L'écriture est tantôt âpre et dure à l'image de la nature, tantôt tendre et poétique quand elle parle de l'amitié, de l'amour, de la peine des hommes. L'auteur adopte un ton familier, prend le lecteur à témoin, affiche un certain sens de la formule et la poésie, par sa tournure naïve, donne à l'ensemble une impression de fausse simplicité.
Titre original : Himnariki Og Helviti 2007
Traduit de l'islandais par Eric Boury
Editions Gallimard 2010
Jon Kalman Stefansson est né le 17/12/1963 à Reykjavik où il grandit ainsi qu'à Kalfavik
1982 : arrête le collège, fait des petits boulots tout en poursuivant ses études.
1986 : commence des études de lettres qu'il arrête en 1991 pour faire du journalisme.
1992-1995 : vit à Copenhague où il s'adonne à une lecture compulsive, retourne en Islande, s'occupe de la bibliothèque de Mosfellbaer.
Depuis 2000, il publie des contes et des romans (4). Entre ciel et terre, sera le 1er à être traduit en français en 2010.
fr.wikipedia./org/.../Jon_Kalman_Stefansson
mardi 31 mai 2011
Les insurrections singulières de Jeanne Benameur
Que serait l'homme sans les mots ?
Il y a Antoine, l'enfant mutique déjà trop à l'étroit dans son milieu familial,
Antoine, l'étudiant décalé, étranger au monde de la fac, qui finit par entrer à l'usine pour "faire l'ouvrier" parce que pour lui c'était inévitable, programmé,
Antoine, l'adulte de quarante ans contraint de revenir vivre chez ses parents après le naufrage de sa vie amoureuse.
Mais surtout, il y a les mots : les mots qui étouffent Antoine, les mots muets qui lui envahissent la tête et dont il ne sait que faire,
les mots silence que Karima aurait aimé entendre et qu'il n'a jamais su lui dire,
les mots usurpés quand il devient porte-parole des ouvriers révoltés par la délocalisation de leur usine,
les mots partagés quand il raconte, au Brésil, la vie de Jean Moulevade, le fondateur de l'usine jumelle de la leur et source de leurs problèmes,
et puis, il y a les mots de Marcel, vieux bouquiniste amoureux des livres, qui lui ouvre sa maison et sa bibliothèque.
Marcel qui lui donne accès aux livres et à des horizons insoupçonnés,
Marcel père spirituel et complice de ses découvertes, de ses tâtonnements, qui dans son immense sagesse l'accompagne "de loin" vers ce à quoi il aspire, vers la révélation de "sa singularité".
Marcel l'instigateur de leur voyage au Brésil où il fait la connaissance de la belle et mystérieuse Thaïs.
Thaïs sa guide et son interprète qui lui fait prendre conscience que chaque langue a sa propre musique, que les mots doivent être entendus et compris.
Thaïs dont il devient amoureux. Amour partagé, bonheur inattendu qui vont libérer, enfin, tous les mots qui l'étouffent.
Alors Antoine se met à écrire les mots libérés : il les aligne, les ordonne sur des papiers collés aux murs dans une fièvre incontrôlée. Il sait, maintenant, que pour exister, les mots doivent être écrits pour être lus.
De cette histoire intimiste, ancrée dans une réalité sociale de lutte et de rébellion, l'auteure, de son écriture poétique et sensuelle en fait un vibrant hommage à la liberté et à la littérature.
Editions Actes Sud 2011 (198 pages)
Jeanne Benameur
écrivain français, est née en Algérie, en 1952, d'un père tunisien et d'une mère italienne.
Elle arrive en France à l'âge de 5 ans et vit à La Rochelle.
Elle écrit d'abord pour la jeunesse. Quelques titres de ses romans :
Ca t'apprendra à vivre 1998 (Seuil)
Les demeurées 2001 (Denoël)
Les mains libres 2004 (Denoël)
Présent ? 2006 (Denoël)
Laver les ombres 2008 (Actes Sud)
fr.wikipedia.org/wiki/Jeanne_Benameur
www. evene.fr/.../jeanne-benameur-20998php
Il y a Antoine, l'enfant mutique déjà trop à l'étroit dans son milieu familial,
Antoine, l'étudiant décalé, étranger au monde de la fac, qui finit par entrer à l'usine pour "faire l'ouvrier" parce que pour lui c'était inévitable, programmé,
Antoine, l'adulte de quarante ans contraint de revenir vivre chez ses parents après le naufrage de sa vie amoureuse.
Mais surtout, il y a les mots : les mots qui étouffent Antoine, les mots muets qui lui envahissent la tête et dont il ne sait que faire,
les mots silence que Karima aurait aimé entendre et qu'il n'a jamais su lui dire,
les mots usurpés quand il devient porte-parole des ouvriers révoltés par la délocalisation de leur usine,
les mots partagés quand il raconte, au Brésil, la vie de Jean Moulevade, le fondateur de l'usine jumelle de la leur et source de leurs problèmes,
et puis, il y a les mots de Marcel, vieux bouquiniste amoureux des livres, qui lui ouvre sa maison et sa bibliothèque.
Marcel qui lui donne accès aux livres et à des horizons insoupçonnés,
Marcel père spirituel et complice de ses découvertes, de ses tâtonnements, qui dans son immense sagesse l'accompagne "de loin" vers ce à quoi il aspire, vers la révélation de "sa singularité".
Marcel l'instigateur de leur voyage au Brésil où il fait la connaissance de la belle et mystérieuse Thaïs.
Thaïs sa guide et son interprète qui lui fait prendre conscience que chaque langue a sa propre musique, que les mots doivent être entendus et compris.
Thaïs dont il devient amoureux. Amour partagé, bonheur inattendu qui vont libérer, enfin, tous les mots qui l'étouffent.
Alors Antoine se met à écrire les mots libérés : il les aligne, les ordonne sur des papiers collés aux murs dans une fièvre incontrôlée. Il sait, maintenant, que pour exister, les mots doivent être écrits pour être lus.
De cette histoire intimiste, ancrée dans une réalité sociale de lutte et de rébellion, l'auteure, de son écriture poétique et sensuelle en fait un vibrant hommage à la liberté et à la littérature.
Editions Actes Sud 2011 (198 pages)
Jeanne Benameur
écrivain français, est née en Algérie, en 1952, d'un père tunisien et d'une mère italienne.
Elle arrive en France à l'âge de 5 ans et vit à La Rochelle.
Elle écrit d'abord pour la jeunesse. Quelques titres de ses romans :
Ca t'apprendra à vivre 1998 (Seuil)
Les demeurées 2001 (Denoël)
Les mains libres 2004 (Denoël)
Présent ? 2006 (Denoël)
Laver les ombres 2008 (Actes Sud)
fr.wikipedia.org/wiki/Jeanne_Benameur
www. evene.fr/.../jeanne-benameur-20998php
lundi 9 mai 2011
Le monde sans vous de Sylvie Germain
L'absence jamais ne se comble !
C'est pendant son voyage dans le Transibérien, en juin 2010, que Sylvie Germain convoque poètes, conteur et shaman pour un ultime adieu à sa mère disparue.
Sibérie, terre lointaine, gardienne de corps fossilisés retrouvés pratiquement intacts après des millénaires, si loin de la terre familière qui vient, à son tour, d'accueillir le corps de sa mère.
Terres similaires, parallèles qui exacerbent les souvenirs et la douleur de l'absence et nous plongent au coeur de l'intime sans jamais le violer.
A ces "Variations sibériennes", l'auteure associe "Kaléïdoscope ou notules en marge du père" déjà publié en 1988 dans un ouvage collectif.
Le songe de Constantin, de Pierro della Francesca, c'est "le chemin de traverse" que choisit l'auteure pour évoquer son père, être lumineux à la voix "légèrement sourde, calme et douce", "pétri des choses de la terre", narrateur amoureux des mots, "orpailleur du langage".
A l'âge de 11 ans, il découvre Vézelay et la démesure de sa beauté, et au hasard d'une lecture le désert de Mauritanie qui le hantera mais qu'il n'aura jamais l'occasion de voir.
Toute sa vie, il posera sur le monde son regard d'enfant simple et confiant.
"Alors lui, le fils, s'est retrouvé soudain dejeté hors de son âge, saisi par un chagrin d'orphelin. Dorénavant nul vivant ne se tient en amont de sa vie. C'est son tour de prendre la place d'amont, et de veiller sur la mémoire, et de haler le nom des morts le long des jours, et de transcrire les fragments sauvegardés des récits de leurs vies à l'intérieur du texte de sa propre existence. Son tour est venu de devenir passeur.
Passeur d'enfance et de mémoire, passeur de mots et de regard." (pages 106-107)
Un récit avec lequel on n'en a jamais fini. Qu'il faut lire, relire encore pour saisir toute la beauté et la poésie de son écriture. Livre de chevet qu'on ouvre, au hasard, pour en savourer toute l'émotion, et y trouver apaisement et sérénité.
Editions Albin Michel, 2011 (130 pages)
Sylvie Germain est née en 1954 à Châteauroux.
Années 70, études de philosophie avec Emmanuel Levinas
1986-93, séjourne en Tchécoslovaquie où elle enseigne la philosophie et le français à Pragues
Depuis 1994 activité littéraire uniquement.
Pour une bibliographie complète et très abondante consulter le lien suivant
fr.wikipedia.org/wiki/Sylvie_Germain
C'est pendant son voyage dans le Transibérien, en juin 2010, que Sylvie Germain convoque poètes, conteur et shaman pour un ultime adieu à sa mère disparue.
Sibérie, terre lointaine, gardienne de corps fossilisés retrouvés pratiquement intacts après des millénaires, si loin de la terre familière qui vient, à son tour, d'accueillir le corps de sa mère.
Terres similaires, parallèles qui exacerbent les souvenirs et la douleur de l'absence et nous plongent au coeur de l'intime sans jamais le violer.
A ces "Variations sibériennes", l'auteure associe "Kaléïdoscope ou notules en marge du père" déjà publié en 1988 dans un ouvage collectif.
Le songe de Constantin, de Pierro della Francesca, c'est "le chemin de traverse" que choisit l'auteure pour évoquer son père, être lumineux à la voix "légèrement sourde, calme et douce", "pétri des choses de la terre", narrateur amoureux des mots, "orpailleur du langage".
A l'âge de 11 ans, il découvre Vézelay et la démesure de sa beauté, et au hasard d'une lecture le désert de Mauritanie qui le hantera mais qu'il n'aura jamais l'occasion de voir.
Toute sa vie, il posera sur le monde son regard d'enfant simple et confiant.
"Alors lui, le fils, s'est retrouvé soudain dejeté hors de son âge, saisi par un chagrin d'orphelin. Dorénavant nul vivant ne se tient en amont de sa vie. C'est son tour de prendre la place d'amont, et de veiller sur la mémoire, et de haler le nom des morts le long des jours, et de transcrire les fragments sauvegardés des récits de leurs vies à l'intérieur du texte de sa propre existence. Son tour est venu de devenir passeur.
Passeur d'enfance et de mémoire, passeur de mots et de regard." (pages 106-107)
Un récit avec lequel on n'en a jamais fini. Qu'il faut lire, relire encore pour saisir toute la beauté et la poésie de son écriture. Livre de chevet qu'on ouvre, au hasard, pour en savourer toute l'émotion, et y trouver apaisement et sérénité.
Editions Albin Michel, 2011 (130 pages)
Sylvie Germain est née en 1954 à Châteauroux.
Années 70, études de philosophie avec Emmanuel Levinas
1986-93, séjourne en Tchécoslovaquie où elle enseigne la philosophie et le français à Pragues
Depuis 1994 activité littéraire uniquement.
Pour une bibliographie complète et très abondante consulter le lien suivant
fr.wikipedia.org/wiki/Sylvie_Germain
mardi 5 avril 2011
La vie très privée de Mr Sim de Jonathan Coe
Maxwell Sim ou l'anti-héros !
C'est l'histoire d'un loser [Voilà ce qu'il faudra graver sur ma tombe : "Ci-gît Maxwell Sim, un type archibanal"] qui rate tout ce qu'il entreprend, sa vie amoureuse, sa vie professionnelle, par inaptitude au bonheur et à la réussite.
Dépressif et solitaire, il se laisse embarquer dans des situations sans avenir qui le laissent invariablement sur la touche.
Ne comptez pas sur moi pour vous narrer le fiasco de son maiage, l'inaboutissement de ses amitiés, la déroute de son boulot de VRP en "brosses à dents révolutionnaires", qu'il me suffise de vous dire que son entreprise va capoter et qu'au cours de démarchages dans le nord de l'Angleterre, il décidera soudain de prendre le chemin des écoliers pour un retour aux sources au pays de son enfance. Pendant ce périple, il finira par tomber amoureux de Emma, c'est ainsi qu'il a baptisé la voix de son... GPS, mais surtout, il découvrira la signification de certaines scènes ressurgies de son passé.
J'arrête là l'histoire de cet "archibanal" sympathique et attendrissant qu'on a souvent envie de secouer pour le ramener sur terre. Beaucoup d'humour dans l'écriture n'empêche pas Jonathan Coe d'écornifler au pasage les travers de l'époque que nous vivons et que Maxwell Sim, rêveur invétéré, ne peut que subir. Cerise sur le gâteau, l'auteur nous a concocté une fin inattendue et délirante !
Editions Gallimard -2010 (450 pages) Traduit de l'anglais par Josée Kamoun - janvier 2011
Jonathan Coe, écrivain britannique est né à Birmingham le 13 août 1961.
Testament à l'anglaise, prix Fémina étranger (1995) le fera connaître en France.
La maison du sommeil, Prix Médicis étranger (1998)
Bienvenue au club (2001)
Le cercle fermé (2004)
La pluie avant qu'elle tombe (2009)
fr.wikipedia.org/wiki/jonathan_coe
C'est l'histoire d'un loser [Voilà ce qu'il faudra graver sur ma tombe : "Ci-gît Maxwell Sim, un type archibanal"] qui rate tout ce qu'il entreprend, sa vie amoureuse, sa vie professionnelle, par inaptitude au bonheur et à la réussite.
Dépressif et solitaire, il se laisse embarquer dans des situations sans avenir qui le laissent invariablement sur la touche.
Ne comptez pas sur moi pour vous narrer le fiasco de son maiage, l'inaboutissement de ses amitiés, la déroute de son boulot de VRP en "brosses à dents révolutionnaires", qu'il me suffise de vous dire que son entreprise va capoter et qu'au cours de démarchages dans le nord de l'Angleterre, il décidera soudain de prendre le chemin des écoliers pour un retour aux sources au pays de son enfance. Pendant ce périple, il finira par tomber amoureux de Emma, c'est ainsi qu'il a baptisé la voix de son... GPS, mais surtout, il découvrira la signification de certaines scènes ressurgies de son passé.
J'arrête là l'histoire de cet "archibanal" sympathique et attendrissant qu'on a souvent envie de secouer pour le ramener sur terre. Beaucoup d'humour dans l'écriture n'empêche pas Jonathan Coe d'écornifler au pasage les travers de l'époque que nous vivons et que Maxwell Sim, rêveur invétéré, ne peut que subir. Cerise sur le gâteau, l'auteur nous a concocté une fin inattendue et délirante !
Editions Gallimard -2010 (450 pages) Traduit de l'anglais par Josée Kamoun - janvier 2011
Jonathan Coe, écrivain britannique est né à Birmingham le 13 août 1961.
Testament à l'anglaise, prix Fémina étranger (1995) le fera connaître en France.
La maison du sommeil, Prix Médicis étranger (1998)
Bienvenue au club (2001)
Le cercle fermé (2004)
La pluie avant qu'elle tombe (2009)
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